Chronique : « Eulogies For The Fallen » par Dark Covenant

Par Dwight dans Chroniques

Un samedi comme un autre, celui où le temps vous paraît indubitablement long, et souvent interminable. Tiens, Greg m’appelle : « Dwight, j’peux passer chez toi? J’ai un truc à te filer, tu me diras ce que t’en penses. Ça s’appelle Dark Covenant« . Ah, enfin quelque chose d’intéressant dans cette journée !

J’ai la galette dans les mains… Tiens un CD promo ? Du label Emanes Metal Records ? Je ne connais pas. Serai-je au bout de mes surprises ? Dark Covenant, un groupe québécois ? Là, ça m’intrigue ! La seule chose que je connais de la scène québécoise, c’est leur Death de très bonne facture ! Ah mais alors, Dark Covenant, c’est du Death ! Euh… Petit regard sur la pochette : ah, non, c’est du Epic Doom Metal… Décidément, je vole de mystère en mystère! Label inconnu, groupe inconnu, qui en plus n’officie pas dans le style de prédilection du pays… Mais qu’est ce que m’a filé Greg ?

La curiosité prend le pas sur l’étonnement. Après tout, qui dit Epic Doom Metal, dit Candlemass, dit Solitude Aeternus. Je suis fan du premier, moins du deuxième, mais bon, je vais bien voir où ça me mène cette histoire. La pochette me parait pas vilaine au premier abord, bien que je n’arrive pas à discerner ce que cela représente réellement : décidément, ce groupe arrive à faire durer le suspens jusqu’au bout. Espérons que cela ne retombera comme un soufflé à l’écoute du skeud…

J’insère donc le CD, les mains tremblantes… Une courte intro, semblable à une marche funéraire, ouvre l’album et nous laisse donc supposer la suite… La description ne nous a pas menti ! Lors des premières notes de Forever Amongst Ruins, l’influence Candlemass est frappante, mais on peut aussi discerner quelques éléments venant de Reverend Bizarre, comme les rythmiques pesantes. Cependant, la voix est assez inclassable : elle ne se range pas du côté Heavy, citons Messiah Mercolin comme exemple (Candlemass, encore et toujours !), ni même du côté de Reverend, ni même de Stillborn ! Mais de quel cru est faite cette voix ? Grave, lente, rugueuse, récitant les textes tels des psaumes, presque incantatoire… Elle colle parfaitement à l’ensemble, et ne dénature en rien l’écoute. J’ai presque l’impression d’entendre Johan Lanquist (chanteur sur le premier, et excellent, album de Candlemass, le bien nommé Epicus Doomicus Metallicus… On en revient toujours à eux!).

Côté instrumental, on lorgne du côté de riffs lourds (on reste dans une moyenne de 6 minutes par chanson), pesants, répétitifs, se risquant à quelques accélérations et quelques soli (!) qui sont alors plus que bienvenus ! On reste dans le mélancolique, les riffs pachydermiques nous assommant à chaque instant, faisant naître le désespoir, la haine, la fin de tout. Aucune lueur d’espoir ne jaillit, on en revient presque à sombrer dans les ténèbres, à fouiller dans les noirceurs de son âme, à dominer ce mal qui nous ronge… L’outro (Dirgevous), n’est que le bruit de la pluie tombante, nous rappelant à quel point le temps est une fatalité, une lente et inexorable chute dans l’abîme de l’oubli…

En résumé, je tiens ici, un magnifique album de Doom. Ces Québécois sont les dignes successeurs de Candlemass (damned, je ne sais même pas combien de fois je les ai cités eux !), Reverend Bizarre, Stillborn et autre Cirith Ungol. Malgré les influences trop perceptibles, c’est un Doom de qualité, qui ne demande qu’à être exploité, fourmillant de bonnes idées et d’un contenu riche ! Messieurs, chapeau bas…

Morceaux préférés du gaillard : Forever Amongst Ruins, Ascension Denied, Black Sun Rising

Petite note : Pour ceux que ça intéresse, voici le Myspace du groupe. Bonne écoute, Metalheads!

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

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