Chronique : « Herocly » par Homoferus

Par Dwight dans Chroniques

Dimanche soir (et pas un autre!), mon cher ami Greg m’envoie un de ses messages dont il a le secret  » Hey gros! Bien joué pour ta chro’ d’Aborted, comme à ton habitude! Dis voir, t’es chaud pour en faire une autre? J’ai un groupe là, qui s’appelle Homoferus, et j’ai un des membres en ami sur Facebook. Ils viennent de sortir leur album, mais vu qu’ils recherchent un label, ils le mettent en téléchargement libre pour l’instant. Tiens, j’t’envoie le lien! A toute! »
Ma curiosité aidant, je télécharge donc l’album (si ça intéresse certains, qu’ils me le fassent savoir pour que je leur file le lien), et avant toute écoute, il est quand même de mon devoir de me renseigner sur le groupe.

Homoferus donc, est un jeune groupe formé en 2010, composé de Nil Dilian au chant et à la guitare, Neon Noem aux claviers, et Dan à la batterie ( bien entendu, ils ont choisi un bassiste, et un deuxième guitariste de session pour leur album). Il nous vient de Norvège (ah, intéressant) et plus précisément de Bergen (encore plus intéressant!). Mais oui vous savez Bergen, cette ville là, d’où viennent la plupart des groupes de Black Metal là comme Immortal, Burzum, Taake ou Gorgoroth… Bon, je crois que j’en ai perdu quelques uns en route là… Bon pas grave, on continue! Et d’après ce que j’ai cru lire à propos du groupe, l’album a été mixé et masterisé par Dan Swanö (ce génie qui était dans Edge Of Sanity)… Rien que ça! Ce gars a souvent le flair pour déniché les groupes prometteurs…

Lorsque l’on jette un rapide coup d’œil à la pochette, on ne peut que s’étonner de la sobriété de celle-ci : lisse, froide, marbrée, telle la glace qui garde à jamais ceux qui ont le malheur d’y être emprisonné.
On se rend vite compte que la musique est à l’image de la pochette : le premier morceau, Delirium, nous oppresse de suite dans ce linceul froid, dépourvu d’âme où ce clavier nous emporte dans les tréfonds de notre âme. On se laisse pourtant séduire, submerger par une intense émotion que nous procure les nappes symphoniques et atmosphériques, soutenue par la voix Black de Nil, où il scande sans cesse « Scraps of phrases, fragments of feelings », où se mêle la noirceur des riffs et la candeur si pure des claviers…
Bref, je ne vais pas le cacher, Homoferus officie dans un Black oscillant entre mélodique, symphonique, avec quelques touches de Cyber, parfois même d’Electro, ce qui peut confirmer le fait que les ambiances sont très froides, presque stériles, sans être pour autant dénuées d’émotion. En tout cas, on sent que les mecs maitrisent assez bien leur sujet, insufflant à leur musique quelques éléments Death (Hatred By Name), voire même un peu Thrash par moment ( l’intro de Iron Butterfly est assez flagrante, Leexem). Cependant, Homoferus n’oublie pas qu’il fait du Black Mélo/Sympho, avec ce clavier omniprésent, flirtant de temps à autre avec le Cyber (Delirium, Herocly, Iron Butterfly), ces quelques touches de piano mélancolique (Delirium, Herocly, Iron Butterfly, Riok, Leexem), sans omettre bien entendu ces (trop rares) nappes symphoniques.
Le mixage et la masterisation de Dan Swanö sied à merveille aux gars de Homoferus, malgré le fait que la basse soit quasi-inexistante, bien que l’on arrive à la discerner sur Riok. La voix de Nil est un poil trop en avant, ce qui ne gâche en rien l’écoute, la batterie est puissante (mention spéciale à Reality Show, avec son riff bien catchy, qui en fout plein la tronche dès le début), les riffs reste assez Black, donc très froids, sans être pour autant simplistes. Nous avons même droit à quelques touches modernes (Delirium, Hatred By Name, Iron Butterfly, Reality Show, Leexem, Shadow’s Confession), en nous gratifiant de quelques solos (Herocly, Hatred By Name). Malheureusement, le tout est un peu court : à peine 33 minutes…

Avec cet Herocly, Homoferus nous offre une bonne surprise en ce début d’année en nous délivrant un Black sincère, mais pourtant froid, alliant Symphonique, Mélodique et Moderne, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Pas sûr que cela plaise à tout le monde, soit, mais ça a le mérite d’être plutôt bien fait. Il faudra juste accentuer un tant soit peu le côté Symphonique, le clavier donnant malheureusement un côté trop mélodique… Les gars, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire! Pour un premier jet, c’est pas trop mal, mais je suis sûr que vous pouvez faire mieux… Et beaucoup plus long!

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

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