Chronique : « Illud Divinum Insanus » par Morbid Angel

Par Dwight dans Chroniques

Morbid Angel, fleuron de la scène Death Metal floridienne des nineties, nous revient après plus de huit ans d’absence, mais avec bon nombre d’apparition à divers festivals (Wacken et Hellfest pour ne citer que ceux là). Autant dire que leur nouvelle offrande, Illud Divinum Insanus, était attendue tel le Messie. Coupons court, le miracle n’a, et n’aura, jamais lieu!

Fort d’albums tous aussi géniaux les uns que les autres: un Altars of Madness dantesque, un Blessed Are The Sick sombre, un Covenant majestueux et un Domination imposant, et pourtant si accessible, avec David Vincent au sommet de son art! Ce dernier quittant le navire, pour se consacrer au projet de son épouse, Genitorturers, on retrouve alors Steve Tucker au chant et à la basse, et toujours Trey Azagthoth et Pete Sandoval (respectivement à la guitare et à la batterie). Force a été de constater que Formulas Fatal to The Flesh, Gateways to Annihilation et Heretic, bien que très bons, n’arrivaient jamais à la cheville de leurs illustres prédécesseurs. A partir de ce dernier album, Heretic, l’Ange Morbide entre alors en hibernation…

Le retour de David Vincent aux commandes laissait présager le meilleur; des représentations mémorables, et la venue d’un nouveau morceau, Nevermore, que David disait venant d’un nouvel album en préparation! Mais tout cela date de… 2008! Seulement, ce que les fans n’avaient pas prévu, c’était que Pete Sandoval serait absent derrière les fûts, cette absence due à un problème de dos, d’après ce que j’en ai compris… L’annonce du nouveau batteur ne s’est pas faite attendre, le remplaçant de Pete n’étant autre que Tim Yeung, batteur ultra rapide ayant officié sur Conquering The Throne de Hate Eternal et sur le premier album de Divine Heresy (entre autres). L’arrivée de Destructhor, guitariste émérite de Myrkskog et Zyklon, rajoute encore un peu de couleur au tableau! Avec un tel line up, c’est sûr, ce nouvel album, ça va être quelque chose!

Toute la promo autour de l’album m’a un peu, voire même beaucoup, fait rire : les photos promotionnelles sont, et seront toujours, d’une gay attitude sans précédent. Je m’explique : des poses limites à la boys band, Tim Yeung chemise grande ouverte… Pour peu, on le verrait presque se foutre un doigt sur le torse pour montrer ô combien il est sex’… J’espérais juste que cette photo n’était juste qu’une erreur, pour se moquer de tous ces groupes qui se la pètent un peu trop… Les morceaux qu’ils rajoutaient au fur et à mesure, j’en avais des échos affreux, je ne voulais pas les écouter, je voulais attendre le moment fatidique, le moment de la sortie. Je voyais, écrit partout  » un mix d’électro indus »… Mais était ce bien Morbid Angel?

Et ce jour arriva, ce 6 juin 2011, un jour qui restera un jour gravé dans ma mémoire: le jour où j’ai pleuré la mort de l’Ange Morbide, car oui, Morbid Angel est mort. Rien ne sauve Illud Divinum Insanus du naufrage, que ça soit sa pochette désastreuse, ses photos ridicules, et son contenu…

Le contenu, attardons nous dessus tiens, histoire de s’en payer une bonne tranche! L’album débute sur une intro (beaucoup) trop longue, presque interminable (en un seul, et en deux mots, à vous de choisir), qui enchaine sur un Too Extreme! (c’est le titre) carrément… Indus! Mais bordel de bon Dieu, mais qu’est ce que Morbid Angel nous a pondu là? Un riff pauvre, pour ne pas dire merdique, une batterie programmée qui sonne carrément techno, et cette voix… Bordel, mais où est passé ce timbre si malsain cher à David Vincent? On subit un massacre auditif pendant plus de six minutes, on a envie que ça s’arrête et de se dire que c’est qu’une mauvaise blague…

Le morceau suivant… Ah enfin! Voilà des sonorités qui me sont familières! Cependant, on est encore face à des riffs usés, mal vieillis, où il n’y a aucune once d’inventivité. J’ai presque envie de dire que le désespoir m’envahit, le désespoir de perdre l’un des plus grands groupes de l’histoire du Death!

Ce n’est malheureusement pas Blades of Baal, ou Nevermore, les deux seuls bons titres de l’album qui sauveront Morbid Angel. A l’image de leur titre Radikult, le groupe se tourne en ridicule, avec des paroles dignes de gosses de quatre ans (Killer Cult! Killer Cult! C’est d’un niais…), se tourne vers une expérimentation malvenue… Et ce serait Trey Azagthoth qui serait l’investigateur de toute cette expérimentation Electro Indus? Mais bordel Trey, si tu voulais faire de l’Indus, fallait pas le faire dans Morbid Angel, ou alors change le nom du groupe tant que tu y es! Mais ne nous gratifie pas d’une daube sans nom, qui rabaisse maintenant ce légendaire groupe, au rang de la soupe infâme, l’élevant au stade du nanar le plus affligeant… Même un film de Max Pécas a plus d’allure face à ça…

Bref, pour finir, ça me fait mal au cul de dire ça, mais Morbid Angel n’est plus. Pour honorer leur mémoire, j’vais me repasser Dominate, ou p’tête bien Covenant, mais certainement pas le dernier… Le groupe ayant pris l’habitude de nous sortir les albums par ordre alphabétique, celui aurait dû s’appeler Infamous, ou Indigest, ou Incomprehensible… Car c’est bien l’incompréhension qui m’a envahi… Ou alors peut être qu’il n’aurait jamais dû sortir sous le nom de Morbid Angel

Ils doivent bien se fendre la gueule Steve Tucker, Pete Sandoval et Erik Rutan de pas avoir fait partie de cette sombre mascarade. Au moins Steve est tranquille dans Nader Sadek (l’album In The Flesh est juste génial) et Pete se repose sur ses lauriers acquis dans Terrorizer, tandis qu’Erik profite du succès mérité de Hate Eternal…

Putain, huit ans d’attente pour rien… Si c’est pas se foutre de la gueule du monde…

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

Commentaires

  1. Greg Juin 12, 2011

    Quelle belle chro’ de monsieur Dwight. Avec style, classe et intelligence comme d’habitude. Qualités dont Morbid Angel a beaucoup trop usé et n’en possède désormais plus, rangés dans le rayon souvenir au même titre qu’une vielle photo de famille !!!!

  2. Zarrach Déc 16, 2011

    Album dantesque, chef d’œuvre totalement incompris…
    Suis-je le seul ? Non, mais nous ne sommes pas nombreux, certes.

    Ayant découvert le groupe en 1991, autant dire pas hier, je rentre progressivement dans la catégorie « vieux con » ou la catégorie « c’était mieux avant »… Et bien à l’écoute de cet album, qui tourne régulièrement chez moi depuis sa sortie (dans sa belle bo-box !), point de réaction négative, bien au contraire. Les morceaux dans la pure veine de Morbid Angel sont excellents (mention spéciale à Destructhor dont les 2 compos retranscrivent bien l’essence du groupe), et les morceaux que nous décrirons comme expérimentaux sont audacieux, oui vous m’avez bien lu ! Pourquoi ? Parce que surprenants, étranges, parfois malsains, parfois un peu kitschs, le Métal étant un peu tout ça à la fois en définitif… Mais surtout, et là j’insiste, plus j’écoute ces titres, plus je leur trouve des qualités ! Ne m’en demandez pas plus, c’est purement subjectif ! Mais un titre comme Radikult, raillé de partout, honni, banni etc., est franchement très bon ! OK, il aurait fait tâche sur Covenant, mais ici il a sa place… SI c’est pour écouter toujours la même chose, je passe mon tour. Des groupes de Métal, il y en a des dizaines de milliers qui font tous plus ou moins ce qui a déjà été fait… Alors autant se réjouir de voir une pointure (oui, s’en est une) jeter un véritable pavé dans la marre, ne déplaise à certains…

    Vous voulez vraiment écouter une bouse musicale ? Retournez donc écouter Heretic qui de loin le pire de ce que MA a pu nous offrir en 25 ans de carrière en s’auto-plagiant avec l’inspiration en moins…

Ajouter un commentaire

Obligatoire

Ne sera pas publié. Requis

Facultatif