Chronique : « Only Left Hate » de Recueil Morbide

Par Dwight dans Chroniques

La France n’est pas avare en groupes de Death, comme Gojira , et Loudblast qui est la référence à tout point de vue. Elle l’est encore moins au niveau Brutal Death avec nos Stéphanois de Benighted, nos Vosgiens (et Ecossais aussi maintenant) de Kronos, ou encore Offending de la région Poitou-Charentes. Le groupe auquel on va s’intéresser aujourd’hui n’est ni plus ni moins que nos compatriotes de Recueil Morbide, avec leur dernière offrande Only Left Hate.

Un rapide récapitulatif s’impose : Recueil Morbide se forme à Besançon en 2000, nous balançant deux démos avant de nous gratifier de leur premier album Hurt By Human Race en 2002. Leur objectif est clair : brutaliser vos têtes, vos tympans, ou que sais-je encore malgré des influences Brutal Death américaines un peu trop perceptibles. L’album Waste Of Senses, sorti deux ans plus tard, a tôt fait de replacer la barre, où justement les influences sont moins perceptibles, et où le rentre-dedans est roi, les propulsant bien vite dans les hautes sphères du Brutal Death, leur permettant de jouer avec les plus grands (comme Aborted, au regretté Cross Cultural Fest en 2007). L’apothéose arrive en 2008, avec Neverending Fight, où Recueil s’octroie les services de Julien Truchan, officiant d’ordinaire chez Benighted, avec son growl inimitable et guttural à souhait, les asseyant sur leur sérieuse position d’outsiders. Quittant le label Rupture, recrutant un nouveau chanteur du nom de Jérôme; on les retrouve bien vite sur Great Dane Records, et un nouvel album en septembre 2011. Alors quoi de neuf sous le soleil bisontin pour nos Deathsters? Une chose est sure, ils ne se sont pas assagis, et veulent nous le faire comprendre vite, très vite…

Dès les premiers secondes de Alone, le ton est lancé : Recueil wants you dead! La voix de Jérôme est puissante, très puissante! Certes moins que celle de notre Truch’ national, mais elle a le mérite d’être compréhensible (comprenez par là, moins « porcine »), et d’avoir une faculté à faire de belles montées dans les aigus. Musicalement pourtant, la soupe est très différente de Neverending Fight… Je vois des yeux exorbités, pas de panique le tout reste brutal, mais Tonton Dwight va tout expliquer. Là où Neverending prenait le temps de construire ses morceaux, de les aérer en mettant quelques passages mélodiques, et quelques breaks bien headbangants, cassait le rythme et empêchait comme il se devait d’apprécier ce disque d’excellent facture. Avec ce Only Left Hate, c’est du tabassage du début à la fin, avec des incorporations judicieuses de lignes mélodiques, comme sur les excellents titres Bipolaris et Murder In Slavery. Si l’on veut rester dans le domaine guitaristique, le son reste bien incisif, les riffs implacables, les rythmiques meurtrières au possible. Le tout soutenu par Sylvain, qui nous propose un martelage en règle de ses fûts, d’une rapidité exemplaire sur certains passages (tel Vicious Circle, Skinned Alive ou Crazy War, chanson la plus courte et la plus foldingue de l’album). Bref, ça blaste, de la double à foison, des breaks assassins, de la rapidité, de la technicité… What else?

Avec ce quatrième album, Recueil Morbide confirme sa place d’outsider de la scène Brutal Death française, voire même européenne. Avec sa durée ni trop courte, ni trop longue ( 35 minutes, ce qui est amplement suffisant pour ce genre), l’album nous en met plein la tête du début à la fin. Ce qui est sûr, à la fin de l’écoute, seule la haine restera…

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

Commentaires

  1. Greg Oct 25, 2011

    Très bonne chro’ de Tonton Dwight. La cover de l’album est magnifique. Ca m’a donné envie d’y jeter une oreille !

Ajouter un commentaire

Obligatoire

Ne sera pas publié. Requis

Facultatif