Chronique : « The Mind Cave » par Winterburst

Par Dwight dans Chroniques

Dure passion (ça se saurait si c’était un métier) que celui de chroniqueur : recevoir des albums inconnus au bataillon, de groupes encore plus inconnus dans sa boîte aux lettres relève souvent du plus gros défi. On oscille souvent entre le bon, le moyen, le passable, le médiocre et le carrément mauvais : pour le plus grand malheur de nos chères cages à miel! L’obtention du très bon est très rare, mais quand ça arrive, on le sent passer, m’fin les voisins surtout, qui sont pas comme vous : ils ont pas les cheveux longs, ils écoutent pas cette musique de brute, et vont donc se ruer sur la première botte de persil afin de se la mettre dans les esgourdes (relisez vos Astérix, vous comprendrez pourquoi le persil). Donc oui, le très bon arrive rarement.

J’ai donc eu la « surprise » (car contacté au préalable) de recevoir le premier album des Versaillais de Winterburst, nommé The Mind Cave. L’album, annoncé depuis plusieurs mois déjà, m’avait fortement interpellé : sa pochette aux forts relents glaciaux avec sa brume aux pied d’un escalier de ce qu’on peut penser à un manoir m’avait tapé dans l’oeil comme un mauvais service au ping-pong. De plus, le groupe se qualifiait de Symphonic Black Metal. Encore plus alléchant!

De par chez nous, le Black Sympho n’est pas tant légion, le seul représentant (du moins le plus connu) fut Anorexia Nervosa, dont certains des membres, à sa disparition, s’en allèrent fonder The CNK, avec ses délicieuses touches Indus et martiales. D’autres groupes, comme Malevolentia, parviennent à s’en sortir haut la main (l’album Ex Oblivion est une petite tuerie d’ailleurs). Winterburst peut il donc se targuer de faire partir de ces groupes comme Malevolentia? Patience, vous le saurez bientôt, très bientôt…

Dès les premiers « violons », ou plutôt les premières notes de claviers, de A Mirror’s Game, la guerre est lancée. Arrangement symphoniques grandiloquents, riffs acérés, accélération grandioses, double omniprésente : ces gars là ne rigolent pas. On peut ressentir nettement les influences Dimmu Borgir, Graveworm avec ce clavier qui occupe une place prépondérante. Seulement pour servir d’accompagnement ( The Stray et son ambiance ô combien mystique, mythique et fantasmagorique), comme d’introduction (A Mirror’s Game, ou encore Circus Of Freaks ou l’impression malsaine d’entrer dans le musée des Horreurs afin de rencontrer toutes les difformités que le monde ait connu). Bien entendu, pour les plus coriaces d’entre vous, le clavier peut vite rebuter, car utilisé à toutes les sauces, usé jusqu’à la moelle, jusqu’aux derniers instants. Il peut se révéler chiant pour certains, génial pour les autres, absolument infâme pour les reste de la masse… (Je ne sais trop où me situer, car certains passages méritent d’être sans claviers justement, ma foi les gouts et les couleurs…).
Soit, l’usage est pompeux, suffocant des fois même, mais ce serait un tort de baser l’album seulement sur ce critère. Parlons de la production, ou plutôt de l’auto-production : un son parfait, bien qu’un peu trop lisse, où chaque instrument a le droit à la parole. Un son trop lisse qui peut convenir parfaitement, car il fait apparaitre un côté très froid à la musique de Winterburst.

L’univers du groupe reste très varié, chaque chanson étant un bestiaire, un voyage, une histoire, un livre… Un partage qui nécessite plusieurs écoutes avant d’être parfaitement appréhendé, assimilé, car très riche et intéressant de surcroit. Les vocaux, tantôt criards, tantôt graves de Vorender nous font rentrer dans cet univers qui peut être poétique, utopique, féérique, horrifique… Soutenu par les guitares acérées, aux accents empreints de modernité, où se côtoient mélodie, puissance, violence… Le contenu reste assez différent pour que l’auditeur ne décroche pas.

En somme, pari réussi pour Winterburst qui, je pense, avec cet album va réussir à s’imposer comme l’une des références Black Sympho hexagonale. En alliant modernité, puissance, diversité (musicalement je dis bien, les textes restent principalement en Anglais, sauf pour D’Ombres et D’Infini), on nous sert ici une musique d’une grande qualité. Certes, parfois indigeste avec son orchestration trop présente, qui en fait trop aussi, mais avec des compositions tout bonnement excellentes, The Mind Cave fait partie des bonnes surprises de 2012. Si vous aimez Dimmu, Malevolentia, ce disque est pour vous. Les autres, essayez quand même, je pense que vous ne serez pas déçus du voyage qu’on vous propose.

La note du gaillard : un 16/20 amplement mérité !

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

Commentaires

  1. Greg Mar 31, 2012

    Très bonne chronique comme toujours, ça se lit facilement et donne foutrement envie de jeter une oreille sur ce « The mind Cave » !

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