Chronique : « Valland » par Valland

Par Dwight dans Chroniques

Valland, en ancien Islandais, ce terme définissait les littoraux Nord Ouest de la Gaule. De nos jours, Valland est un groupe de Folk Pagan de Paris. Oui, de Paris, comme l’est Aes Dana, ville pourtant peu disposée à nous livrer du Pagan de qualité ( Formors de Aes Dana, loin d’être mauvais, était plutôt indigeste, car il usait et abusait des instruments traditionnels). Notre territoire n’est pas avare en terme de groupes de Pagan et de Folk, Belenos en tête, mais aussi Bran Barr, ou encore Heol Telwen. Lorsque Greg m’avait balancé le nom de Valland (car il connait certains de leurs membres), je n’avais été guère emballé, et j’étais même pris limite de nausées en m’imaginant bouffer encore et encore de la guimbarde, de la bombarde, de la cornemuse ou autre flûte.

« Mais non, tu verras, c’est vachement bien! » m’avait il assuré… Bon ben j’verrais bien. En effectuant quelques recherches sur le groupe, j’ai été étonné par l’ancienneté de celui-ci : cela fait plus de dix ans qu’ils sont formés! Et leur promo, Valland, sortie en 2010. Neuf ans, pour sortir une promo, c’est long, très long, beaucoup trop long même…

Comme à mon habitude, je m’arrête sur la pochette de l’album: l’artwork est plutôt travaillé, le mot Valland étant écrit de manière à former un drakkar, ce fier et déroutant bateau viking, qui donna bien des frayeurs dans les premiers siècles de notre ère. La pochette, quant à elle, représentant ce même bateau navigant sur la mer, dessin représenté à la manière d’une tapisserie du Moyen Age. Pour une entrée en matière, je n’en attendais pas moins! Ce groupe est peut être pas si mal que ça après tout…

Bon, je veux en avoir le cœur net! J’insère donc le disque, et j’attends… Ouverture classique, où les instruments traditionnels (veuze et chalémie) de Nikö, se mélangent aux guitares aux relents légèrement Heavy, et à la batterie martiale d’Erwan. Introduction semblable aux prémices d’une bataille rageuse et sanglante, où l’on pourrait presque sentir le vent caresser nos cheveux emmêlés, coucher l’herbe des plaines, et siffler sur les épées et les boucliers…

Et là sonne la charge! Adieu le Heavy de l’introduction, bonjour les riffs Black meutriers et destructeurs! Car oui, ce que veut Valland, ce n’est pas la paix, ni tailler une bavette avec vous, mais bien étriper, éviscérer, pourfendre! Aucun répit ne vous sera laissé, le martèlement incessant de la batterie tel un assaut farouche, la virulence des grattes telle une épée tranchant la chair, et une voix… Vous savez, ce genre de voix qui harangue la foule, à qui vous faîtes confiance aveuglément, et que jamais vous ne mettez en doute… Eh bien oui, dans Valland, cette voix est le flambeau, le guide, le maître de guerre, si bien gérée par Clément!

Arrêtons nous un instant sur cette voix… On est très loin des clichés du Black justement, très loin de cette voix inaudible écorchée, criant souvent de buter du Chrétien, de violer la Vierge innocente, ou de boire le sang au nom d’une quelconque bête cornue… Non, ici, nous avons affaire à une voix parfaitement audible, où l’on peut suivre pas à pas le déroulement de tout un plan de guerre. Car oui, tout cela est chanté en Français! Car Valland parle souvent de batailles, d’honneur gagné au combat, mais c’est surtout un véritable hommage à nos ancêtres qui se sont battus et qui sont morts afin de défendre leurs terres d’une invasion certaine…

Oui, c’est un vibrant hommage que Valland nous livre. A l’inverse d’Heol Telwen, qui nous faisait voyager dans la Forêt de Brocéliande et dans tout ce folklore Breton; le groupe parisien nous livre une chronique de guerre où se déroule sous nos oreilles pillages, viols, massacres, mises à sac. Bien loin des korrigans, d’Epona, et de toute cette mythologie. On est plutôt ici à suivre Brennos, implorant Taranis et Toutatis (dieu évoqué dans le chanson Notre Maître de Guerre), déferlant sur les plaines à trancher dans le vif, et à répandre le sang de l’envahisseur sur l’herbe verte et pure. En parlant de Brennos, la chanson Vae Victis, lui est dédié. Mais oui, vous savez, Brennos, ce Gaulois qui a tenu tête aux Romains, et qui a même envahi Rome, au quatrième siècle avant notre ère…

Revenons en à la musique un peu. Les instruments sont ici utilisés à bon escient : ils ne sont pas présents sur toutes les chansons, mais permettent néanmoins à l’auditeur de voyager sur le chant de bataille, mais c’est comme ces bardes qui, avec l’aide de leur carnyx, redonnaient courage et vigueur aux fiers guerriers…

C’est après 36 minutes de bataille, que je relève enfin la tête, le regard hagard, les cheveux emmêlés, le visage trempé de sueur. Je suis le seul resté debout, tous ces corps étendus devant moi et… Je m’égare là! Je reviens doucement à la réalité, et je peux l’affirmer : Valland, c’est l’un de ses groupes qu’on a tant envie de voir en concert, tant la musique est fantastique. Belenos, prend garde : tu as un sérieux concurrent derrière toi!

Sur ce, je vais remettre mon casque, mes braies, ma tenue de combat, affûter mon épée et réajuster mon bouclier : j’ai du Romain à trucider…

Chansons préférées du gaillard : à vrai dire, j’en ai aucune, tant l’album s’écoute d’un seul trait!

Au moment où j’écris ces lignes, Valland recherche un batteur et un chanteur…

 

A propos de l'auteur

Chroniqueur au sein de l'association. Friand de Death, Brutal Death, Black, Doom, Stoner, Sludge, Indus, Thrash, Hardcore 80's...

Commentaires

  1. Troodukus Mai 29, 2011

    Oh t’es dur avec Heol Telwen…qui chantent quand même dans « Kan ar kern » : « Nous allons brûler leurs terres et violer leurs femmes » ! Ca m’a l’air plutôt dans la même lignée, en moins folk sûrement…

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