Chronique : DCA « Three Rows of Teeth »

Par Xavyeah dans Chroniques

Beatdown Hardcore /autoproduction
La scène Hardcore est vaste et permet un bel éventail de styles, ceux à la mode mélodique et emo et qu’on aime à détester, et à coté de ça une scène violente, sale, hargneuse, urbaine et revendicatrice qu’est celle du Beatdown Hardcore. Genre qui provient à l’origine de New York et qui est une version plus brutale et lente du NYHC initié par Bulldoze ou Shattered Realm. Désormais le style à investi la scène Européenne et plus particulièrement Allemande et belge avec des groupes comme Nasty,Embraced by Hatred, Words of Concrete pour ne citer qu’eux. Un Hardcore en marge des vagues commerciales avec une véritable éthique, une scène qui transpire la sincérité. Un genre où le son est vite reconnaissable avec une tendance aux ralentissements brutaux de tempo pour laisser les kids exécuter leurs danses violentes et libératrices.

Tout ça pour en venir à la sortie du premier Ep des Messins de DCA « Three Rows of Teeth ». Le groupe qui d’ailleurs clame haut et fort sa provenance géographique: DCA Metz Beatdown Shit. La première démo qui bénéficiait d’une bonne prod montrait les capacités du Crew: un beatdown Hardcore old school aux arrières goût de Crossover Thrash. Alors ça dit quoi maintenant ? L’évolution n’est pas nette mais le groupe est beaucoup plus aguerri et affuté, avec un son et une production irréprochable ( Signé Studio FH), une dynamique et un esprit Hardcore beaucoup plus marqué. La différence la plus marquante se situe au niveau du chant de Loïc qui abandonne un chant teinté Hip Hop pour un plus saccadé, grave et sale. La plume affutée et un anglais maitrisé rendent tout de suite le propos marquant et efficace.

Après une Intro de voyou «MBS» qui donne le ton, le groupe attaque avec un «Antihero» percutant. Le groupe maîtrise son art et les incontournables Beatdown et Breaks attaquent là ou il faut avec des variations de tempo selon les titres pour diversifier les plaisirs! : plus sale et lent sur «Threat/Survival», Metal sur «Shit series».Les infra basses plus discrète qu’un groupe comme Dead End Tragedy sur leur dernier album, apportent plus de puissance sans trop en faire.

Le groupe n’est pas exclusivement Beatdown puisqu’on peut remarquer que rythmiquement le groupe aiment le Hardcore Thrash et donc le Metal, ainsi le groupe sait faire parler la double et les accélérations terribles qui font vraiment du bien aux compositions «Shit Series», la fin de «Antihero». Même si les riffs utilisés sont conventionnels le groupe sait bien les utiliser et les combiner pour nous donner du plaisir à l’écoute. Certains morceaux sont plus dynamiques avec des notes moins brutales «Against the truth» et des Two steps légers mais bien sentis. Le morceau «Three rows of teeth» du même noms que le support concluent très bien les 6 morceaux avec un featuring tout en hargne de Franck de Conflict Maestria. Que serait le vrai Hardcore sans chœurs ? Les DCA ne les ont pas oublié et les ont savamment utilisé tout au long de l’enregistrement.
Niveau artwork c’est du tout bon, le visuel s’y prête bien sur la thématique des dents de la Mer avec les paroles imprimés sur carton pour plus de visibilité, beau boulot.

Ces gars n’ont rien à envier aux rois de la scène Belge/Allemande, et se positionnent comme une future valeur sûre, ne manquer pas de les voir en concert pour vous convaincre du potentiel. Pour une première réalisation le groupe frappe fort.
DCA avance en eaux troubles tel un requin pour détruire à coup de rangées de dents, les barrières et les codes que nous imposent la société à travers son Hardcore maitrisé avec une hargne qui transpire la sincérité.
Do it yourself, it’s fucking real ! A soutenir impérativement.

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Commentaires

  1. Ziguouli Mar 20, 2012

    bon article, celui qui a écrit ça a tout compris. « les kids » c’est marrant.! BLHA BLLAH !!

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