DCA « Upsurge »

Par Xavyeah dans Chroniques

Hardcore Beatdown/Metal
Knive Out Records

DCA est un des premiers représentant sérieux du Hardcore Beatdown (Un style de hardcore marqué par des Breakdowns ou moshpart lents) made in France depuis la sortie de son convaincant premier ep «Three Rows of Teeth ». Quelque temps plus tard le quatuor est signé sur Knive Out Record (Hoods, Arkangel…), label tenu par le leader de Providence, et nous présente après 9 ans d’existence son premier album «Upsurge» qui a pour thème: le jugement, une des arcanes du tarot.

L’artwork est donc très sombre et selon la description du groupe il représente « le jugement mais dans une forme non conventionnelle, le poids du jugement Supreme, qui peut en un tour de main faire tout repartir a zéro, contre celui de la vermine qui pollue l’atmosphère en donnant son opinion à tort et à travers, l’or contre le charbon, les plumes célestes contre les rats». Je vous laisse donc deviner le topo de l’album.

Premier constat le groupe s’est orienté vers une musique plus crue et brutale qu’elle ne l’était auparavant, ce qui n’a rien de surprenant au vu de l’explosion du Hardcore influencé par l’image et le son du Metal extrême. L’album se divise en deux parties, l’interlude ambiant/noise placé en milieu de parcours faisant office de séparation. On entre vite dans le vif du sujet avec «Cult», une véritable agression dans les règles de l’art. On tient là un des meilleurs morceaux de l’album, une efficacité redoutable avec une construction permettant de nous laisser ressentir au mieux la haine qui se dégage de leur musique, une longue descente de tempo vers un break final où le chant se durcit avec ses intonations Death Metal menaçantes. Celui ci est le point fort du disque, il s’est radicalisé et s’oriente vers des sentiers plus extrêmes avec une tessiture vocale qui se rapproche du death « grime » et parfois du black tout en gardant une agressivité Hardcore. Il reste toutefois encore quelques lignes plus classiques comme sur «Supreme» avec une incursion plutôt Hip Hop de belle allure. La voix de Loïc, haineuse à souhait, est donc une arme à plusieurs variables, indissociable de cet univers sonore impitoyable et froid comme le béton. Les Messins ont également convié les chanteurs de deux groupes connus des amateurs de cette scène que sont Vow of Hatred, et Unit 731 , répondant ainsi aux leaders de Desolated et Malevolence invités à poser leur voix sur deux des trois titres figurant sur le split paru en 2012. Loin d’être transcendantes, elles apportent un palier de brutalité supplémentaire histoire d’en rajouter une bonne couche. Le groupe natif de Metz poursuit donc sa série d’invitations, car comme on le sait bien le Hardcore est une grande famille.
Les morceaux s’enchaînent dans un climat de «haine urbaine que la production sert parfaitement : c’est lourd, brutal et froid.

Supreme se place comme le second hit de l’album avec son pont presque groovy et un final aux chœurs bien « voyous », juste avant un « Poison My Name » moins inspiré. Après la courte accalmie instrumentale, place donc au deuxième round avec un enchaînement imparable: «Cleaved Diamond», «Bias Irae» et «Fifty Seven ». Ces trois pistes plus orientées Metal sont plus convaincantes, plus travaillées, avec des changements rythmiques salvateurs ( les parties de batterie sont toujours aussi efficaces, n’hésitant pas à donner des rafales de double pédales) et des arrangements plus intéressants. L’album se terminera de façon surprenante avec l’instrumentale « Grey Sky, Iron Grave » dont l’ambiance mélancolique est inattendue. On ne pouvait pas mieux terminer cette ode à la violence.

Vous l’aurez deviné cet album est solide, rien n’a été laissé au hasard, que ce soit l’utilisation d’interludes, ou autres arrangements (particulièrement au niveau vocal) qui apportent de la richesse à l’ensemble, qu’a l’exécution maîtrisée du genre. Malgré une orientation moins beatdown classique, j’aurais toutefois apprécié que « Upsurge » sorte encore plus de ce cadre réglementaire, et ne se soit pas fixé comme unique objectif de tout balayer sur son terrain…tout est affaire de gout, car au final les férus d’un style sans compromis et ceux qui apprécient le Metal extrême seront conquis par ce premier opus.

DCA nous livre donc un premier album imposant grâce à un travail soigné autant visuellement qu’au niveau de la production mais laissant toutefois peu de place aux nuances. L’album reste court (28 minutes environ), lui permettant d’éviter de nous lasser sur la longueur, les deux pistes instrumentales permettant d’aérer le tout. Cela parait léger mais c’est un avantage tant le tout reste compact, le KO par asphyxie n’étant pas si loin que ça.
Avec conviction le groupe a montré qu’il avait appris de ses maîtres pour ensuite développer et affiner son style, prouvant qu’ils n’ont rien à envier aux chefs de file de cette branche du Hardcore. Avec Upsurge les Messins vont convier de nouveaux adeptes à leur messe urbaine au propos violent et sans pitié.

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