INTERVIEW BENIGHTED SOUL

Par Céd dans Interviews, News

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« Benighted Soul » est un groupe de metal aux influences symphonique, rock et progressif. Ils sont originaires de Nancy, ont deux albums et un EP à leur actif. « Kenotic » est sorti en 2014 et a été inauguré lors d’une release party à Paris. Le groupe a ouvert pour de nombreux groupes comme Delain, Eths, Tarja, Vader ou encore Belphegor. Benighted Soul s’impose aujourd’hui comme l’une des valeurs montante de la scène metal en France.

Ils étaient de passage à Colmar le 3 septembre dernier au « grillen » pour un concert. Entretien avec la chanteuse Géraldine et le Claviériste Flavien pour tout connaître sur le groupe. Benighted Soul n’aura plus de secret pour vous !

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Bonjour Benighted Soul, avant de parler de votre actualité, pouvez-vous présenter le groupe ?

Géraldine : Benighted Soul est un groupe qui existe depuis plus d’une dizaine d’années mais qui a vraiment pris un tournant en 2008. En 2007 Flavien est arrivé et c’est lui qui a pris la composition et a donné la direction au groupe. Nous n’aimons pas particulièrement être qualifiés de metal sympho, même s’il est vrai que certaines parties contiennent des orchestrations. Nous préférons dire que nous sommes un groupe de sypmho prog qui cherche vraiment à définir la musique, on a des tendances prog qui est le style de prédilection de Flavien.

Pourquoi avoir choisi ce style de musique ?

Géraldine : Quand le groupe a commencé en 2003 c’était la grande époque Nightwish. Epica commençait aussi à ce moment-là, Within Temptation était déjà bien lancé. Il y avait un certain nombre de groupes qui commençaient à émerger et on s’est inscrit dans cette lignée-là. Comme beaucoup au départ, qui cherchent à faire ce que les autres groupes font. Ensuite avec de l’expérience et quand on sait s’entourer, on prend notre propre lignée esthétique. Dans un premier temps j’ai voulu créer un groupe de metal symphonique car j’adorais Nightwish, puis j’ai rencontré Jérémie à un concert de Dream Theatre, les influences prog étaient déjà là (rire) comme quoi…Puis au fur et à mesure nous avons suivi notre propre voie.

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Comment s’est formé Benighted Soul ?

Géraldine : Au départ je fais du chant lyrics, j’ai découvert ça au lycée, j’ai été à l’opéra une première fois j’ai trouvé que c’était formidable. Dans la même période j’ai découvert Nightwish avec Tarja, j’en ai eu des frissons et je me suis lancée, j’ai commencé à chanter dans ce style là et puis quand on veut faire de la musique, forcément on n’a pas envie de rester tout seul, ça me semblait « cool » de chercher un groupe. Pour vous raconter l’anecdote ; j’ai mis une annonce sur « karamail », ça fait vieux quand on dit ça (rire), et à l’époque, un guitariste m’a répondu et on a commencé à conversé, a travaillé et il m’a fait rencontrer un claviériste (qui n’était pas Flav).

Puis est arrivé Jérémie qui en premier lieu était bassiste. Je l’ai rencontré par le biais d’une camarade de classe qui m’a dit « j’ai un copain qui est guitariste il cherche un groupe » et comme on avait déjà un guitariste, il est passé bassiste et après le jeu des line up, des gens qui s’en vont, qui ne sont pas intéressés…, a fait que Jérémie est redevenu guitariste.

Nous avons accueilli Jean à la basse et plus tard on a rencontré Flavien. Nicolas, avec qui on était en cours à la Fac avec Jean Gab, fut un de nos batteurs ! C’est toujours des connaissances. C’est parti de « Karamail » et ensuite le bouche à oreille. Puis Flavien est arrivé par le biais de Nicolas. Benighted Soul prenait vie.

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Pourquoi avoir choisi comme nom de groupe « Benigthed Soul » ? D’où vous est venue cette idée ?

Géraldine : A l’époque, le groupe « Benighted » n’étais pas aussi connu qu’aujourd’hui, c’est très important ! J’avais connaissance de ce groupe, je me suis arrêtée sur Benighted et je me suis dit ça n’a pas l’air super connu finalement, donc on peut partir sur ce créneau. A la base l’idée était de donner du contraste grâce au chant féminin avec des mélodies sombres derrière, c’était quelque chose d’assez cliché quand on regarde avec le recul. Ça ne correspond plus du tout à la musique que l’on fait aujourd’hui mais malgré tout Benighted, c’était l’idée de ténèbres et de lumières en même temps. « Benighted soul » c’est aussi les brebis égarées. J’aimais bien le mot Benighted, je trouvais ça joli et il est assez compréhensible par quelqu’un qui ne connaît pas forcément l’anglais, parce qu’il y a le terme night. On comprend bien tout de suite. C’est difficile à traduire en français, c’est l’idée que la nuit gagne, j’aimais l’idée que ce ne soit pas traduisible en français. On et parti là-dessus parce qu’à l’époque je pensais que ça n’allait pas durer, finalement le groupe marche encore donc on a conservé le nom.

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Vous avez enregistré un EP en 2008 « Anesidora » en 2011 votre 1er album « Start from the scratch » et en 2014 « Kenotic », comment ce sont passés les enregistrements ? Avez-vous signé avec un label ou une maison de disque ?

Flavien : l’enregistrement d’ « Anesidora », c’était la première fois que l’on décidait de tout faire nous-même c’est également à ce moment que je me suis essayé au « son ». On s’est dit finalement pourquoi ne pas faire par nos propres moyens, on a le contrôle dessus, on a le temps de finir les choses. Avec le recul c’est vrai que le son n’est pas forcément génial, c’était les débuts, un coup d’essai pour les deux albums d’après car on a gardé la même recette.

Géraldine : c’est Flavien qui s’occupe de tout ce qui est mixage, pré son, on déléguait le mastering jusqu’à maintenant.

Flavien : « Anesidora » reste qu’un EP mais c’était une bonne expérience. C’était un Ep de transition parce qu’il y avait encore de vieux morceaux qui dataient d’avant mon arrivée. Les anciens morceaux je les avais réarrangés, j’avais trouvé certaines choses un peu trop simple, j’ai essayé d’apporter mes connaissances pour peaufiner les compositions déjà existante.

Géraldine : Niveau label on n’a pas eu de distribution sur « Anesidora », c’était un EP, c’était pour nous une manière de démarcher et avec « Start from the scratch » on a été amené à signer sur « Savage Prod » qui est le label du groupe « Kells ». La distribution s’est faite sur « Season of Mist » pour la France, une belle opportunité pour nous. On a gardé ce système pour « Kenotic », et là sur un 3ème album on espère peut-être autre chose…….. Nous aimerions partir hors de nos frontières.

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Vous gardez toute la maîtrise de l’enregistrement ?

Géraldine : Oui, c’est quelque chose qu’on aime, ça nous permet de réarranger des éléments qui n’iraient pas même si il y a une partie pré production avant qui est très importante. On travaille bien les morceaux en amont, ça nous permet de ne pas stresser pour la location d’un studio qui est très onéreux à la journée. On fait ça en « home studio », on a aussi un petit studio que l’on loue et où nous sommes totalement indépendants et seuls maîtres à bord. Ceci dit à l’avenir on déléguera le mixage qui demande énormément de travail à Flavien, cette partie-là est énorme. On fera appel à quelqu’un d‘extérieur. Ce qui peut aussi pas mal car il aura une oreille autre et il aura peut-être l’idée de mettre en valeur autre chose donc c’est forcément intéressant. Il faut trouver la bonne personne et c’est cela qui et compliqué. Rien n’est sûr pour le 3ème album on est encore sur les pré-prod, ça avance doucement.

En faisant le calcul vous avez sorti un album tous les 3 ans, est ce voulu ? Faut-il s’attendre à un nouvel album pour 2017 ?

Géraldine : 3ème album pour 2017 on aimerait bien ! C’est voulu oui et non. C’est à dire qu’à la fois on prend le temps de travailler nos albums comme on l’entend. On ne va pas se mettre de date limite si le son ne nous convient pas, la sortie sera retardée. On essaie vraiment de travailler en profondeur. Il faut dire que les albums sont longs à chaque fois. C’est peut-être même un défaut si on prend en compte les longueurs de « Start » ou « Kenotic »! Flav ne sera pas de cette avis (rire), mais ils sont quand même très très longs, très denses. Donc ne sortir qu’un album de cette longueur là tous les 3 ans, c’est pas comme sortir un album de 45 minutes, c’est quand même autre chose ! Il ne faut pas oublier que pour l’instant il faut travailler pour manger donc forcément c’est une passion qui nous prend beaucoup de temps mais ça reste quelque chose que l’on fait quand nous n’avons pas d’autres travails, quand on rentre le soir du boulot, il faut le temps de développer tout ça. Sortir un album tous les 3 ans je trouve que c’est une bonne moyenne (rires)!

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Pour votre 3ème album vous avez l’intention de faire une demande de financement comme le font beaucoup de groupes ou c’est hors sujet ?

Géraldine : Pour l’instant ce n’est pas à l’ordre du jour, c’est vrai que ça met les fans à contribution et c’est une bonne chose car ils sont concernés. C’est peut-être à appliquer lors d’un projet annexe comme un clip mais pas d’album. Concernant l’album, c’est au groupe de le porter entièrement avec un label. Il faut redonner aux labels leurs responsabilités. Sinon à quoi servent les labels ? C’est un peu facile aujourd’hui avec des labels qui trainent et qui disent : faites un projet hulule (site de financement participatif)! (rires). Et oui. Je ne trouve pas ça normal c’est trop facile. Je pense que c’est quand même aussi une force de dire que le groupe arrive encore à financer un album seul et à trouver les financements.

Qui fait la réalisation de vos pochettes d’album ?

Flavien : Ca n’est jamais la même personne. Pour « Anesidora » c’était une collaboration entre le web master de l’époque et une graphiste. Pour « Start » c’était une « commande » d’un graphiste professionnel Israélien qui avait bossé pour Testament et pas mal de gros groupes.

Géraldine : Il avait un univers assez étrange et c’est ce qu’on voulait dès le départ, créer un peu la rupture de ce qui se faisait dans le metal sympho justement où c’est plutôt consensuel. Ce n’est pas une critique, ce sont des esthètes mais nous voulions un peu d’ « étrange ». Par la suite pour « Kénotic » on cherchait quelque chose qui correspondait plus à la musique, donc on a fait le tour des graphistes et nous avons trouvé Pierre Alain originaire de Nantes. Il y a plusieurs choses que j’aimais bien chez lui et on est tombé sur cette image qui je pense à la base doit représenter un phœnix, libre de se réapproprier sa propre interprétation. En tout cas ça nous paraissait vraiment correspondre à ce que l’on voulait montrer sur « Kenotic ».

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Vous avez fait les premières parties de très gros groupes comme Tarja, Evergrey, Cradle Of Filth et vous avez joué au fameux festival Belge, le Metal Female Fest en 2012 au côté de Lacuna Coil ,  Arch Enemy, Delain entre autre. Quel a été votre état d’esprit ? Comment ces premières parties ce sont passées ?

Flavien : Chaque concert est différent Cradle of Filth n’est pas du tout pareil que Tarja.

Géraldine : Cradle of Filth c’était un concours, on savait qu’ils nous avaient choisi eux même, c’était cool, d’ailleurs nous avons eu directement un contact avec Richard le guitariste qui nous a dit « j’ai adoré tout de suite dès les premières notes » !

Flavien : L’avant dernier concert que l’on a fait avec notre ancien batteur, il y avait des tensions donc on s’est séparé de lui. Avec Cradle on s’est retrouvé avec un autre batteur, c’était déjà pas du tout les mêmes circonstances ! À chaque fois c’est unique. Au MFVF si on était tendu c’était peut-être dû à cette situation interne au groupe, plus qu’au niveau de la scène finalement. C’est la plus grosse scène que l’on ait faite et finalement le stress n’est pas venu de là. C’était après les tournées qu’on a faites avec Tarja. Ce sont ces tournées qui nous ont vraiment formés à ça et qui nous ont donnés vraiment une certaine aisance. Nous avons libéré pas mal de tensions pendant deux jours entiers sur une scène. Avec Tarja et Kells les tournée ce sont super bien passées..

Géraldine : Avec Cradle ça s’est super bien passé, on n’a pas trop vu Dani. Tarja est aussi super protégée, elle a besoin de se concentrer, on pas eu le temps, l’occasion de discuter avec elle. En revanche avec son équipe et ces musicien, oui ! C’est toujours très enrichissant de jouer à leurs côtés, on apprend beaucoup plus à chaque fois.

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Vous avez réalisé 3 clips vidéo, comment s’est passé l’enregistrement ? Où ont-ils été tournés ?

Géraldine : C’est très différent ! Nous avons fait appel au même réalisateur qui nous a fait une grande confiance. Il est musicien aussi et joue dans Tess. Il fait un fabuleux travail dans la vidéo. On avait collaboré avec lui sur « Edge of Insanity » et on a eu la chance de tourner dans le cinéma de Neufchetau qui est un ancien théâtre à l’italienne. La collaboration a très bien fonctionné. Il était légitime alors de faire à nouveau appel à lui pour les deux autres clips. Et ça a, à nouveau très bien fonctionné. On cherche à chaque fois un petit lieu caractéristique pour donner du cachet. Pour « Halcyon days » on a tourné à la « cure » d’air à Maxeville, c’est une ancienne guinguette des années 20 c’était le lieu sympa pour « Halcyon Days », on a reconstitué un trip clandestin des années 20 également, c’est pour lier les deux d’ailleurs qu’on a fait ce style d’époque. On a tourné à « la machine à vapeur », c’est un bar sur Nancy dans une péniche ! Ca se prêtait assez bien il ne fallait pas de plafond pour simuler ce truc un peu clandestin. Concernant les accessoires c’est nous qui avons cherché par nous-même, comme par exemple les tables de jeux dans « martingale ».

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Vos dates de concerts sont assez éloignées les unes des autres sauf quand vous faites des tournées en première partie ; Est-ce par manque de temps, ou volontairement ?

Géraldine : Ce n’est par manque de temps, la musique de « Benighted Soul » s’adapte mal aux petites salles, il faut un minimum technique pour que ça sonne et que les gens comprennent ce qui se passe. La musique est assez chargée donc si il n’y a pas une certaine clarté au niveau du son ça nous dessers plus qu’autre chose.

On est sélectif sur les dates que l’on nous propose, on ne prend pas n’importe quoi, les groupes qui tournent beaucoup, tournent dans des cafés concerts, des bars…Des dates dans des vraies salles ce n’est pas si évident que ça à trouver donc c’est la raison pour laquelle on espace nos dates, on préfère qu’elles soient de qualité !

Avez-vous un petit mot de fin ?

Géraldine : Je dis toujours : vu qu’on fait toujours des interviews super longues, si vous êtes arrivé à la fin de celle-ci…….. MERCI (rires). Merci et bravo ! On a hâte de pouvoir proposer aux fans de nouveaux contenus, on travaille dessus et on donne rendez-vous à tout le monde bientôt, le plus tôt possible de toute manière.

Merci à vous

Géraldine et Flavien : MERCIIII

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ALBUMS

   2011                                    2014

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LINE UP

Gadaut Géraldine : Chant
Morel Flavien : Clavier
Bocciarelli Jean-Gabriel : Guitare/Chant
Heyms Jérémie : Basse
Bergiron Guillaume : Batterie

CONTACT

FACEBOOK : https://www.facebook.com/benightedsoul
SITE INTERNET : http://benightedsoul.com

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