Interview Exhumation

Par Greg dans Interviews

Amatteur de MDM, mais qu’est-ce que cette abréviation barbare me demanderez-vous ! Tout simplement Mélodique Death Metal dont Exhumation est un fier représentant. Leur musique se rapproche de Death Mélodique Finlandais dû a leur rapprochement géographique mais aussi au son Suédois. Les amateurs seront comblés. Le groupe à démarré sa carrière dans la belle ville de Saint-Petersbourg. Après avoir enregistré quelques démos K7 et lançé leur premier album “Symbol Of Fear”. La galette ayant été bien reçue de la part de la presse et des metalheads. Le combo entame donc les concerts passant de petits clubs aux grandes salles en Russie en compagnie des groupes Russes bien connus de l’époque. Et soudain Exhumation stoppe ses concerts. Les membres du groupe étant trop pris pas d’autres projets musicaux. C’est alors qu’en 2008 Exhumation refait surface sur la scène Metal de Saint-Petersbourg avec un nouveau line up. Le groupe a partagé la scène avec Gods Tower, Degradead, Catamenia etc. Voilà pour la brève biographie. Ils préparent actuellement le nouvel album et ont sorti en début d’année 2012 le single « Windwalker » qui donne un bref aperçu de leurs compositions pour l’album à paraître. Vasily Ovchinnicov (guitare) et Alexey Kovalev (batterie) ont bien voulu répondre à mes questions.

Pouvez-vous présenter le groupe et sa carrière ?

Le groupe est né en 1994 lorsque 3 amis d’école décidèrent de jouer du métal et choisirent le nom du groupe : Exhumation. A cette époque, c’était juste une idée et une forte volonté de jouer. Personne ne savait exactement comment jouer, mais nous voulions tous être une rock star. J’ai une fois demandé à Alex (Inc) comment il a décidé de jouer de la batterie, qui est à mon avis l’un des instruments les plus difficiles à maîtriser. Sa réponse a été brillante: « Je pensais que ce serait plus facile , toutes ces lignes et ces notes m’ont ennuyé. Voir les autres batteurs semblait très facile, tu tapes et ça sonne. » Cette alliance n’a pas duré assez longtemps, et le groupe a implosé dans l’année. Le prochain point remarquable dans l’histoire d’Exhumation a eu lieu trois ans plus tard, en 1997, quand Alex (Inc) et Vasiliy (PS) se sont rencontrés en tant que membres dans le groupe Corpsgrinder. Nous voulions tous les deux jouer, mais n’étions pas satisfaits avec le style de musique qu’ils pratiquaient, le Grindcore n’était pas le style de metal dont nous rêvions. Nous avons décidé de partir et essayer de jouer quelque chose que nous aimions plus. Ce fut la naissance officielle d’Exhumation. Après avoir enregistré quelques démos tapes (K7), le groupe a sorti son premier album «Symbol of Fear », qui a reçu de bonnes critiques dans la presse metal, webzines russes et étrangers. Le groupe a joué des petits clubs aux grandes salles de concert en Russie et autour de la Russie, partagé la scène avec presque tous les groupes bien connus de metal russes comme Shadow Host, Amon, Inside, Seducer’s Embrace, Absurd, Gods Tower, Sacrifice etc.


Exhumation à ses débuts.

Pouvez-vous revenir sur votre pause de plusieurs années, était-elle due uniquement aux autres projets des membres du groupe ou bien y-avait t-il d’autres raisons ?

Oui, nous avons splitté en 2000 pour plusieurs raisons. La plupart d’entre elles étaient personnelles et nous ne voulons pas revenir sur le sujet. On peut dire qu’à cette époque, nous étions absolument sûrs qu’Exhumation était fini, mort et enterré. Durant cette pause certains d’entre nous en ont profité pour construire leur carrière, d’autres ont déménagé, mais surtout ils n’étaient plus dans la musique. Tout a recommencé lorsque nous nous sommes rencontrés inopinément Alex et moi même dans Saint-Petersbourg après 7 années. Alex n’était pas d’humeur à tout recommencer à partir de zéro et il nous a fallu environ un an pour nous décider qu’Exhumation reprenne enfin vie. Honnêtement nous avions peur, de trop nombreuses années avaient passé, nous n’avions pas pratiqué de musique, même la génération de metalleux avaient changé. Honnêtement, c’était un défi.

Maintenant parlons de votre nouvel album. C’est vraiment un très bon disque de swedish melodic death metal avec d’excellents solos. Il me fait penser aux premiers IN FLAMES et ARCH ENEMY.

Oui nous l’admettons (sourires). Nous étions et certains d’entre nous sont encore inspirés par In Flames. Cependant, nous aimons différents styles de metal. Par exemple Alex est un grand fan de Thrash Metal classique comme Tankard, Vlad notre guitariste est un grand fan de Zakk Wylde. Chacun de nous apporte sa propre passion et ses styles de Metal préférés à la musique, mais nous aimons tous la mélodie, non seulement l’agression première c’est pourquoi le MDM est le style que nous jouons. Notre nouvel album est une réponse au défi auquel nous avons été confrontés. Nous n’étions pas au fait des nouvelles tendances. Nous sommes un groupe indie, nos activités musicales ne nous apportent pas beaucoup d’argent, mais nous sommes libres de jouer la musique que nous voulons. Vous pouvez appeler cela oldschool, pas le style de Metal le plus populaire, ou comme vous le voulez. Mais c’est la musique que nous aimons, si d’autres personnes l’apprécient. Alors nous sommes vraiment heureux.

Pouvez-vous revenir sur son développement. Comment avez-vous eu l’envie de faire un nouvel album et comment s’est passé son écriture ?

En ce qui concerne la volonté de faire un nouvel album, ce qui était facile. En effet depuis toutes ces années nous avions beaucoup de choses à dire et à mon humble avis vous ne pouvez pas écrire une bonne chanson, sans rien avoir à dire. Les sujets que nous voulions développer sont devenus des chansons et le nombre de chansons est devenu supérieur à 6, il était temps de faire un album. Comme tout enregistrement que nous avons jamais fait, douloureux. Beaucoup de travail acharné, plusieurs chansons ont été réécrites lors de l’enregistrement parce que nous n’étions pas satisfaits de la façon dont certains morceaux sonnaient.

Qui compose la musique dans le groupe ? Chacun apporte ses idées ou bien c’est l’œuvre d’un unique compositeur ?

Il n’y a pas de compositeur unique. Nous pouvons dire que nous sommes une alliance de gens créatifs. Chacun apporte ses idées, certaines d’entre elles sont bonnes, d’autres le sont moins. Nous discutons entre nous sur le choix des riffs, des mélodies ou des paroles qui satisferaient tous les membres. Ce n’est pas une musique commerciale, de sorte qu’il ne nous est pas nécessaire d’être dans la tendance ou être tout ce que les autres veulent que nous soyons. Nous voulons simplement avoir du plaisir, et jouer la musique que nous aimons. Il n’y a donc pas un seul compositeur, Exhumation suffit.

Concernant les paroles, qui les écrit ? Les paroles de « City of Decay » nous donnent presque envie d’y vivre (« How they crucify their priests, Pregnant schoolgirls of fifteen whose veins filled with heroin…”) Rires !!!

En ce qui concerne l’album « City of Decay », il y avait plusieurs auteurs pour les paroles. Ces paroles en particuliers ont été écrites par Sergey Zabelin qui deviendra notre nouveau chanteur peu après.

The city of Decay, pensez-vous que ce soit Saint-Petersbourg ? Quelle ville selon-vous symbolise le mieux « The City of Decay » ? Ou tout cela est-il dû à notre époque ?

Regardez autour de vous, elle peut être reconnue dans toutes les villes dans le monde. Cette chanson est sur toutes les mauvaises choses que nous faisons avec notre propre vie. Il y a des gens qui font quelque chose, il ya des gens qui le détruisent. Cette chanson parle de la façon dont nous détruisons notre propre vie, notre propre lieu de vie, peu importe d’où nous sommes.


Alexey Kovalev

Je sais que Saint-Petersbourg est la patrie du rock soviétique. Est-ce dû à la proximité de la Finlande ou y-a t-il une autre explication ?

Il ya beaucoup de mythes à ce sujet. Non, nous ne le pensons pas, car la Finlande est si proche. À mon avis, c’est parce que St. Pete est célèbre pour ses habitants, vous ne pouvez pas trouver d’autre ville en Russie où les gens ont autant de liberté. La plupart du temps nous pensons que cela est dû au fait que St. Pete accumulait les personnes les plus progressistes, intellectuelles depuis qu’elle a été fondée en 1703. Et il est mentionné que ces personnes n’aiment pas que quelqu’un essaie de leur dire quoi faire et comment penser. Donc le rock soviétique était une protestation à l’ancien régime, au totalitarisme plutôt que des influences de la culture Finlandaise ou une manière de vivre.

Passons à son enregistrement. Où a-t-il été enregistré, avec quel producteur avez-vous travaillé ?

Nous avons enregistré les guitares, basse et la batterie au Phantom Pain Records à Saint-Petersbourg. Les vocaux ont été enregistrés par Sergey Bredis à Yaroslavl. Et enfin, le mixage et le mastering a été fait par Arkady Navaho à Moscou.

Où avez-vous pu défendre sur scène votre nouvel album ? Une tournée est-elle prévue en Russie, les pays voisins, la Finlande ?

Ouais, il y avait plusieurs concerts et un mini tour en Russie et en CEI (pays de l’ex Union Soviétique comme le Bélarus, l’Ukraine, Kazakhstan, Moldavie etc. NDLR). En ce qui concerne l’Union Européenne, non. Rappel toi que nous sommes un groupe indie qui n’a pas de contrat avec un label important, nous n’avons malheureusement pas les moyens d’organiser une tournée européenne pour défendre l’album, c’est sacrément cher. Mais nous sommes optimistes, si cela arrive, nous le ferons volontiers.

J’aime poser cette question, avez-vous des anecdotes de vos concerts, vos tournées ?

Oh il y en a beaucoup. Chaque concert de notre tournée, indépendamment de la taille de nos shows ont leurs moments mémorables. Nous sommes des gens ouverts et joyeux. Pour les anecdotes, une fois notre batteur Alex était en train de changer ses vêtements juste après avoir joué et se pencha vers la porte du vestiaire. Rien de spécial si ce n’est que cette porte a était cassée et tout à coup Alex est arrivé sur la scène tenant solidement la porte et sans pantalon alors que l’autre groupe jouait (rires). Ou lorsque nous avons acheté des guitares en caoutchouc dans un magasin de jouets et avons joué pendant le set de nos amis Catamenia. Cela a ajouté un peu de feu à la performance, headbanguant sur scène avec eux et ces guitares. Trains, bus, tours, des incidents d’harcèlement sexuel, et même en utilisant une voiture-même comme WC … pas tout ce dont nous pouvons être fiers, nous prenons tout ce qui vient dans cette vie et nous pensons que nous réussissons.

Si tu devais décrire la musique de »The City of Decay », quel film serait-ce ?

Je te répondrai Mad Max. Nous voyons ici les derniers jours de la normalité de l’homme qui avait tout pour vivre, et on ne peut que constater son glissement dans l’abîme de la folie.

Il existe deux titres bonus que l’on peut facilement trouvé sur Youtube, « Kto Kogo » et « Symbol Of Fear » ?

« Kto Kogo » est un nouveau titre enregistré en 2012. En revanche « Symbol Of Fear » est une chanson de l’abum eponyme « Symbol of Fear » qui a été remastérisé. Peut-être atterrira t-il sur le nouvel album en tant que piste bonus. Qui sait !


Vasily Ovchinnicov

Merci d’avoir répondu à mes questions et si tu as un dernier mot à ajouter.

Pour nos camarades musiciens qui sont au début de leur carrière comme nous le sommes, nous pourrions souhaiter de la patience… tout le monde veut la reconnaissance, groupies, des photos de son groupe sur les couvertures de magazines, ici et maintenant, la vie réelle est bien différente. Il est très rare que vous puissiez inventer quelque chose de nouveau que tout le monde aime. Nous voulons prouver sur notre propre exemple que si vous croyez en ce que vous faites, vous tracerez alors votre propre chemin. Cette façon vous apportera succès un jour. Merci à toi et Metalphizik.

Propos recueillis par Gregory Mega.

Line up:

Alexey Kovalev: Batterie
Vasily Ovchinnicov: Guitare
Vadim Sagitov: Lead guitare
Pavel Kojurenko: Chant
Roman Kovalenko: Basse

Discographie:

Unholy (1997)

Wandering (1998)

Symbol of Fear (1999)

Cursed World MCD (1999)

Live In Polygon (Live 2001)

City of Decay (2011)

Windwalker SINGLE (2012)


Vidéoclip issu de l’album Symbol of Fear (1999)


Seconde vidéo de l’album Symbol of Fear (1999)

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