Interview IN ARKADIA par Mirfin

Par Yan dans Chroniques

D’ici quelque temps In Arkadia vont sûrement faire parler d’eux avec la sortie de leur prochain album. Nous avons pu les rencontrer au Totem à Maxéville (54) en novembre mais aussi un peu plus tôt à l’Evening of Metal à Saint Dizier. Nous avons ainsi gardé contact avec eux, afin d’en savoir plus sur leur actualité et leur parcours. Mirfin à nous :

1 /Pouvez-vous présenter votre groupe In Arkadia, les membres, leur rôle dans le groupe, les spécialités dans le groupe ainsi que leurs activités ?

MIRFIN : Salut Metalphizik ! Eh bien comme à peu près 90% des groupes, on est 5 : Alix au chant, Benjy à la basse, Flo à la batterie et Paul et moi-même aux guitares. Dans IA on se répartit les rôles assez naturellement, Alix s’occupe majoritairement du booking, Flo de tout l’aspect logistique, organisation et administratif. Benjy se touche le zizi et passe une bonne majeure partie de son temps (à vue de nez 99,97%) sur 4chan (chaine particulière de discussion). Paul va bientôt nous quitter pour poursuivre ses ambitions professionnelles, donc on peut dire qu’on est en pleine transition, on recrute d’ailleurs en ce moment-même son remplaçant. Et pour finir je suis en charge de la communication générale, visuelle, vidéo, graphique, web, artwork, photos… Mais de manière générale, on s’épaule tous lorsqu’on a 5 minutes dans nos tâches respectives. IA c’est un peu une petite société qui tourne dans la joie et la bonne humeur.

2/ Quels sont vos points forts ? Quels sont les faits marquants du groupe ? Comment le groupe a-t-il fait pour en arriver jusqu’à là ?

MIRFIN : Il est toujours difficile de donner ses propres “points forts” mais je dirais qu’on a une sacrée cohésion d’équipe et qu’on s’entend tous extrêmement bien. Les décisions au sein du groupe se font, certes entre deux kilos de conneries puériles à la minute, mais sans heurts. On avance tous dans la même direction, et on veut tous aller au même endroit. C’est clairement ce qui nous a permis d’avancer aussi vite après le changement de line-up de 2011. On n’a jamais douté de ce qu’on faisait, et on estime se poser les bonnes questions au bon moment, et on ose espérer que les gens qui nous suivent recevront toujours bien quelque chose qui a été fait avec le sourire et la patate !

3 /Quel est votre salle préférée, et y avez-vous joué souvent ?

MIRFIN : On n’a pas encore assez écumé la France et l’Europe pour avoir une salle “préférée”, mais il y en a deux qui resteront d’excellents souvenirs : le premier concert du nouveau line-up, à Grenoble à l’Ampérage. Un accueil incroyable, alors que personne n’avait entendu nos nouveaux morceaux ni même entendu parler du nouveau line-up, et Yverdon-Les-Bains en Suisse, à l’Amalgame Club, même accueil, une équipe du tonnerre, un énorme kiff qu’on a eu le plaisir de réitérer récemment.

4 /Que peut-il vous manquer pour atteindre le statut d’intermittent du spectacle, est-ce une possibilité ou un rêve ?

MIRFIN : Plutôt un rêve vu l’état actuel de la scène énervée… Je dirais qu’il nous manquerait tout simplement une structure de management/booking qui se déchire pour nous faire tourner H24, car malgré le rythme assez important de concert qu’a IA (on tourne a environ une bonne 50aine de shows par ans en France et à l’étranger), il est très difficile de pouvoir tourner, se faire payer son cachet en plus du défraiement total. Le nombre de dates nous permettrait certainement d’atteindre ce statut mais il nous faudrait une vraie équipe derrière nous. S’occuper de presque 100% du business par nous-même alors qu’on a presque tous un job très prenant et des dispos très réduites, c’est éreintant… N’importe quel groupe sait de quoi je parle, tu en chies tous les jours, te couches à des heures improbables, sacrifies tes activités sociales (la preuve, on est Vendredi soir, il est minuit et je réponds à ta putain d’interview au lieu d’aller faire un pastis-pong avec mes potes (rires) !). Mais le résultat en vaut la peine je dirais.

5 /Quel serait selon vous le plus beau métier du monde en rapport avec la musique ?

MIRFIN : Je ne sais pas pour les autres, alors je vais te répondre d’une manière très personnelle : si je pouvais choisir, dans l’avenir j’aimerais grouper un taf de graphiste/illustrateur pour les groupes/labels/assos (ce que je suis en train de développer en ce moment en prenant le groupe en charge sous le nom « CephaloSpinal ») et une petite activité de manager. Je suis très bon dès qu’il s’agit de donner des ordres et d’envoyer chier les gens, je pense que ça me conviendrait parfaitement !

6 /Les sportifs de haut niveau pratiquent plusieurs heures de sport par jour pour aller jusqu’à la compétition. Dans la musique pour monter sur de grandes scènes, il faut aussi énormément travailler. Un travail qui n’est pas forcement que musical. Combien de temps en moyenne passez-vous par semaine pour l’activité du groupe ?

MIRFIN : Plutôt crever que de me mettre au sport pour courir plus vite sur scène (rires) ! On a des bons sportifs dans le groupe mais on aime aussi beaucoup trop le bacon et la mayo, surtout en ce qui me concerne ! Le travail est donc principalement organisationnel et c’est déjà assez bouffant comme ça… En moyenne, c’est simple, ça prend plusieurs heures par jour pour chacun d’entre nous. Une vraie entreprise comme je te disais ! Souvent, on fait ça au taf dès qu’on a cinq minutes… Et le soir, parfois toute la nuit lorsqu’on qu’on compose… Et on divise le travail comme je t’ai décrit plus haut, chacun son taf et on revoit tout ensuite pour contrôler. Après bien évidemment les répètes sont très importantes donc on campe notre local de répète plusieurs fois par semaine ! Le Deathcore énervé comme on le joue demande quand même beaucoup de travail technique sur son instrument.

7 /Voyez-vous ce travail comme quelque chose d’indispensable, ou seulement un plaisir qui se paye ? Quel est pour vous le moment le plus plaisant dans votre parcours de musicien.

MIRFIN : C’est plus qu’indispensable, c’est indissociable. Aujourd’hui, c’est la guerre pour se faire une place. Et même si on aimerait être potes avec tout le monde et s’entraider, tout le monde ne le voit pas comme ça, alors on se serre les coudes avec les potes, on échange avec les autres, on laisse les cons dans leur coin, et on avance. Depuis deux ans, on n’a pas passé un seul jour sans produire quelque chose, même de minime, pour le groupe. Et on a fait si peu par rapport à tout ce qu’on a en tête pour la suite. C’est frustrant et pénible, mais comme tu le dis, ça reste un plaisir car les fruits de ce travail se voient tous les jours, surtout en concert lorsqu’on échange avec les gens, mais aussi sur le net, les retours sont là. On a passé le stade des petits rigolos du village, en tout cas on espère, car on voit qu’on nous prend au sérieux, qu’on nous accorde une certaine crédibilité. Des partenaires de plus en plus pro nous font confiance et on s’engage en contrat avec des structures de plus en plus importantes donc j’imagine que c’est bon signe.

8 /Si je vous dis que le but de la musique est d’être échanger le plus librement possible afin de rendre l’expression des artistes à l’univers qui l’a inspiré. Qu’en pensez-vous ? Autrement dit, pensez-vous que le but de la musique est d’être à la portée de tout fan, afin qu’il puisse écouter ce qu’il aime où et quand il en a envie et de façon libre ?

MIRFIN : Tout simplement, oui. A l’heure actuelle, c’est hypocrite et stupide de vouloir garder ta musique dans une boîte scellée à seule disposition de celui qui te rince de billets. Ça ne marche plus comme ça, tout le monde le sait ! On est les premiers à choper un album sur le net à 2h du mat pour l’écouter plutôt que d’attendre le lendemain d’aller en magasin, ne pas le trouver, le commander, l’attendre, et éventuellement être déçus. Si les gens aiment ce que tu fais et qui tu es, ils achèteront ton album ou tes tee-shirts en live ou sur ton shop. Mais ils auront sûrement écouté ton album avant. A toi de faire quelque chose qui dépote, et de te défoncer pour leur offrir quelque chose qui vaut la peine, qu’ils en aient pour leur argent. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a dépensé (presque) sans compter pour notre prochain album « EYES OF THE ARCHETYPE » qui sortira en Février 2013.

9 /Comment voyez-vous l’avenir de la musique (tout particulièrement dans le milieu metal). ? Ne pourrait-on pas prédire que l’achat du support matériel (cd, dvd, clé USB) peut avoir une fin ? Sauf si les fans continuent d’acheter des ces supports pour le plaisir de la collection ? Vous êtes-vous posé la question pour la sortie de votre nouvel album ?

MIRFIN : Rapidement, mais c’est tellement jouissif d’aller voir un groupe en live et de leur acheter un album, de l’ouvrir, le déballer, lire le livret, regarder en détail l’artwork… On ne voulait pas retirer ce côté presque “sacré” d’un album pour « Eyes Of The Archetype ». On s’est endetté et on a transpiré pendant des mois pour le sortir, puis attendu encore plus longtemps pour qu’il sorte physiquement, puisqu’il est annoncé dans les bacs pour le 18 Février et qu’on l’a enregistré en Juin dernier… Alors non, on n’allait pas se refuser l’accomplissement de sortir un bel objet musical juste parce que c’est la merde dans la musique actuellement. Je sais pas comment ça va évoluer, mais au lieu de pleurer, on attendra de voir et on fera avec ce qu’on aura, ce qui est sûr c’est qu’on continuera de faire les cons et d’en profiter. A ce stade on s’en fout de l’évolution des supports, on réfléchira aux “pour” et aux “contre” à ce moment-là, et puis on foncera vers ce qui nous semble être le mieux.

10 / Pour la sortie de votre nouvel album, que pouvons-nous attendre de In Arkadia ?

MIRFIN : Des voix de porcs, des casquettes, du fun, du blast, et des fractures dans le pit. Pas de concessions, pas de pitié, pas de calme. De la pop, on en fera quand on sera morts ! On veut que les murs de nos salles de concert transpirent !

11 /Un grand nombre de dates sont prévu dès le début d’année 2013 ? Avez-vous atteint l’objectif que vous vous êtes fixé, y aurait-il d’autres ambitions après cette tournée ?

MIRFIN : Un gros paquet de dates oui comme je le dis plus haut, on a dû en décaler pas mal sur Février / Mars vu que c’est la transition avec le guitariste qui remplacera Paul (que nous devrions vous présenter d’ici peu d’ailleurs). L’objectif étant de tourner toujours plus et toujours plus loin, il ne sera jamais atteint ! Quelques fests cet été, continuer d’écumer la France et de rencontrer les gens, s’imprégner de tout ça pour faire encore mieux l’année prochaine, puis l’année suivante… La routine quoi (rires) ! Puis commencer à se greffer sur de bonnes tournées avec des groupes de plus grande envergure, s’exporter, tout ça, tout ça…

12 /Un dernier mot d’encouragement pour les groupes qui se verraient bien à votre place ces prochains mois, et qui espère faire un jour aussi bien que vous.

MIRFIN : Déchirez-vous le cul. Sérieusement, c’est pas pour rigoler, si vous préférez garder votre argent et votre temps pour aller en boîte ou vous acheter des fringues, restez dans votre garage et laissez la place à ceux qui sont motivés. Si vous avez faim, foncez. On n’a clairement pas de leçons à donner non plus, mais on est intimement persuadés qu’il faut que les groupes arrêtent de se tirer dans les pattes, alors amusez-vous et laissez-vous surprendre par les rencontres.

Merci encore pour les réponses que vous avez pu apporter et de nous avoir donné un meilleur regard sur votre univers musical et sur la vision de votre groupe.

MIRFIN : Merci à vous de nous donner l’opportunité de vous répondre, et bien sûr à ceux qui ont pris le temps de lire !

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