Interview KORUMBA

Par Greg dans Interviews


KORUMBA mais qu’est ce que c’est que ça me direz-vous. KORUMBA est le nom d’un groupe dont ils définissent eux-mêmes leur son par metal. Ils composent une musique originale et viennent du Pays Basque. J’ai rencontré le groupe durant leur passage remarqué en première partie de CATAMENIA lors du Metal Crowd Festival, qui se passait à Rechytsa Bélarus en Août 2011 et qui fut le point culminant de leur tournée en Europe de l’Est. Pour avoir dormi dans le même dortoir que ces 5 Basques après le concert. Je peux vous assurer que ces 5 là savent ce que c’est qu’une after party (trop bien même, nous empêchant de dormir tard le matin avec leur gouailles inimitable et leur sympathie. Etant déjà fatigué de la rencontre faite la veille avec le groupe Polonais TOXIC BONKERS nous avons gentiment décliné leur offre à venir nous joindre à eux). KORUMBA est en fait le nom d’un masque d’antilope utilisé dans les tribus du Burkina Faso. Enlevons donc leur ce masque et découvrons ce qui se cache derrière.

Pouvez-vous présenter le groupe et nous dire ce que signifie le nom « KORUMBA » ?

Korumbà a vu le jour en 2001, et après de nombreux changements de formation il a trouvé de la stabilité en 2005. L’année d’après nous avons sorti une démo qui avait pour titre le nom du groupe et comptait quatre pistes. En 2008 nous avons publié notre premier disque « Hor Do ! » et en 2010 un deuxième intitulé « Gizateri ». Tout au long de ces années nous avons eu l’occasion de partager la scène avec des groupes tels que Soziedad Alkoholika, U.D.O, Skunk D.F., Ktulu parmi beaucoup d’autres, ainsi que de participer à plusieurs festivals internationaux.
Korumbà est un combo qui a pour but de faire une musique personnelle, avec son propre style, et dans laquelle chaque membre participe très activement, ce qui est très important puisque nous finançons notre projet musical nous-mêmes. C’est une façon de vivre la musique.
Chacun d’entre nous a des goûts différents, c’est pourquoi notre musique n’est pas facile à classer, c’est du Metal, mais sans un style défini.
Quant au nom, il provient d’un masque d’antilope utilisé dans quelques tribus africaines, plus exactement au Burkina Faso.

Vous avez reçu le prix du meilleur groupe 2009 par le magazine The Los + Mejores. Pouvez-vous nous en parler ?

Cette année-là nous avons été en tournée dans toute l’Espagne, à peu près 35 concerts pour présenter notre premier effort “Hor Do !”. Cela a été une récompense pour le groupe, la reconnaissance de notre travail. Nous imaginons que les gars de “Los + Mejores”, magazine publié à Madrid, ont été impressionnés par notre live.

Vous avez d’ailleurs bénéficié d’excellents commentaires de journalistes de KERRANG et METAL HAMMER sur vos prestations live.

Le live a toujours été notre plus grand atout, nous essayons d’y verser toute la puissance de notre musique, ce qui exige de nous dépenser au maximum. Nous travaillons beaucoup nos prestations afin d’atteindre un bon niveau, et pour cela l’autocritique est indispensable, nous ne nous contentons pas des critiques positives de ces magazines.

Décrivez nous un peu votre nouvel album. Y’a-t-il un concept sur celui-ci ? Vous pouvez nous en parler track by track. Que signifie le titre « Gizateri » ?

« Gizateri » veut dire humanité. La chanson parle du mal que cette humanité est en train de faire à la planète Terre, notre mère. Ce mal qui à son tour touche la propre humanité.
Chaque chanson du disque parle de sujets différents. Par exemple, « Zaintzaren Zeinua » est une critique envers ce qui se veut bon pour notre sécurité et qui est tout simplement utilisé pour nous surveiller (une sorte de Big brother). « Bidai To Hell » (le titre est un petit hommage à AC/DC) parle de la répression politique qu’ont subit beaucoup de personnes ici. « Entropia » est un voyage à l’intérieur de soi-même ; « Denona Dena » est une défense de la musique libre ; dans « Lapurrak ?» on se questionne sur qui vole qui ; « Miradas » est un instant qui peut être une recherche éternelle (comme dans le poème de Baudelaire « A une passante ») ; « Sodoma & Guantanamo » est une critique humoristique de la base militaire du même nom ; « Memoria » est un cri pour ne pas oublier les années de la guerre civile, les corps qui à ce jour n’ont pas encore été découverts ; et finalement, « Cecco », un poème de Cecco Angiolieri (contemporain de Dante) dans sa langue d’origine, l’italien, une satire de ce que pour lui signifie la vie.

Qualifierez-vous votre style de trash novateur, ou classique avec une grosse dose de KORUMBA. En d’autres termes, quelle est la recette du son KORUMBA ?

Il n’y a pas de recette, ni d’autre règle d’ailleurs. Chez Korumbà la composition est un sujet très complexe. Un membre a une idée, la partage avec les autres et nous travaillons là-dessus entre nous, nous tournons autour de cette idée en essayant qu’elle ne rappelle pas trop un certain groupe, mais en même temps nous laissant influencer par beaucoup de choses, toujours à la recherche du METAL, ce que nous faisons le mieux.

De quelle manière composez vous la musique ? Un guitariste vient en répétition avec une idée de riff ou vous composez tous ensemble ? Votre musique doit être assez complexe à arranger ?

La composition chez Korumbà est complexe en effet. L’un d’entre nous a une idée qui sert de base au thème, après nous travaillons ensemble, nous retournons l’idée dans tous les sens, nous la contemplons sous tous les angles et finalement il se peut que nous ayons une chanson… ou pas. Des fois les compositions découlent toutes seules, mais nous essayons toujours de tous y participer.

Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ? Où l’avez-vous enregistré ? Dans quelles conditions ? Etes-vous à l’aise en studio ?

L’album a été enregistré à Irun (Pays Basque), dans un studio neuf appartenant à un ami (qui est d’ailleurs notre technicien son pour les concerts), Phantom Studios. Nous nous sommes sentis comme chez nous, très à l’aise, et puis le résultat est brutal !

Les auditeurs ont de nos jours beaucoup plus l’habitude d’entendre du metal chanté en langues étrangères que ce soit en allemand, russe, japonais, finlandais. Ce fut la première fois que j’écoutais un groupe metal chanter en langue basque. Le résultat est vraiment très plaisant !

Merci beaucoup. Nous désirons amener nos sons basques au-delà de nos frontières. Espérons que les gens seront du même avis !

Je trouve vraiment très bonne la démarche d’avoir traduit vos textes sur le livret du cd en Espagnol, Français et Anglais. De qui vient cette idée, le groupe, votre management ?

C’est quelque chose de très normal dans la création de musique en Pays Basque. Le basque est une langue très différente de l’espagnol ou le français, et puisque nous vivons entre les deux états il est tout naturel que la plupart des groupes le fasse. Nous avons la chance d’avoir beaucoup d’amis, parmi lesquels il y a certains qui parlent plusieurs langues et même des traducteurs professionnels qui de façon désintéressée se donnent la peine de faire ce travail. C’est le cas de Nuria pour cet entretien. Nous leur serons à jamais reconnaissants.

Vous avez effectué une tournée des pays de l’est en août 2011, avec comme point culminant votre prestation remarquée avant le passage de CATAMENIA. Pouvez-vous revenir sur cette tournée et la date du « Metal Crowd » à Rechytsa Bélarus ?

Cela a été comme un rêve, une expérience inoubliable. Les gens là-bas vivent le Métal d’une manière différente, un peu comme il y a vingt ans ici. Et ils ont tout donné lors des concerts, ce qui est vraiment gratifiant pour un groupe comme le nôtre. Le festival de Rechytsa a été le meilleur moment de tout cela. Nous avons eu la chance de jouer juste avant le groupe tête d’affiche, avec donc, la salle pleine à craquer. Etant donné le haut niveau des groupes participant au festival, avant de monter sur scène nous avons eu besoin de nous encourager fortement les uns aux autres de façon à offrir le meilleur de nous, et à vrai dire le concert a été assez bien, nous en sommes tout du moins très satisfaits, même si comme toujours nous pensons que ça peut toujours être mieux.

Des anecdotes concernant cette tournée ? Avez-vous par exemple vous aussi été harcelés par un vendeur de tronçonneuse à la sauvette en Pologne comme ce fut le cas pour mon équipe lors de notre voyage vers le Bélarus ! (rires)

Hahaha ! Il nous est arrivé vraiment beaucoup de choses nous aussi, par exemple l’amende pour excès de vitesse que nous a mise la police biélorusse. Quand ils nous ont obligé à nous arrêter, nous pensions que nous aurions beaucoup de problèmes, mais finalement nous avons payé 5€ à peine…

Un dernier mot pour la fin ?

Nous voulons encourager les gens à entrer dans l’univers Korumbà, où ils goûteront à nos prestations lives, notre meilleure arme. Ils n’en seront pas déçus. A bientôt !

Merci d’avoir répondu à mes questions.

Merci à toi, gracias a ti !

Propos recueilli par Gregory Mega.

Line up :

Igor De Castro : Batterie
Julen Etxegarai : Chant
Juan : Bass
Xabi Aierbe : Guitare
Blas : Guitare

Discographie :

KORUMBA : (2006) Korumba EP


KORUMBA : (2007) SONITUS Recop Vol 1


KORUMBA : (2009) TAN REAL COMO EL PUTO INFIERNO Recop Vol 02


KORUMBA : (2009) METAL NORTE Recop Vol 2


KORUMBA : (2009) Hor do ! Cd


KORUMBA : (2010) Gizateri Cd

Site internet :
http://www.korumba.com/

Page myspace :
http://www.myspace.com/korumba

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